À propos de l’Ennéagramme

L’ennéagramme est une typologie dynamique des personnalités qui décrit neuf points de vue sur le monde et sur les autres, neuf manières d’envisager les relations, les actions ou les raisonnements.

Ce puissant outil de connaissance de soi permet de prendre conscience des angles morts de son champ de vision, de se libérer de ses automatismes et de ses certitudes et d’être ainsi pleinement soi-même. Il donne en outre les repères nécessaires à une meilleure compréhension de l’autre et, par là même, facilite la communication entre les personnes.

Nous avons rassemblé dans cette page les réponses aux questions que l’on nous pose le plus souvent sur l’ennéagramme. Nous y avons joint une présentation rapide des neuf types de personnalités, en indiquant le diplôme de maîtrise que nous leur avons décerné, dans notre ouvrage L’Ennéagramme pour les nuls, afin de mettre en lumière le domaine dans lequel ils excellent particulièrement.

QUESTIONS-RÉPONSES AU SUJET DE L’ENNÉAGRAMME

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Le mot « ennéagramme » vient du grec et signifie neuf (ennea) signes (gramma). Il fait référence à la fois au modèle d’étude de la personnalité et à son symbole, composé notamment de neuf points répartis de façon équidistante sur un cercle et numérotés de Un à Neuf.

Chaque point représente un profil de personnalité, décrit par le modèle. Ce sont neuf facettes de l’être humain, aucune n’étant meilleure ni pire qu’une autre. Les neuf profils (que l’on nomme également « type » ou « ennéatype ») se valent, mais chacun ne voit qu’une partie de la réalité, celle qui contribue à rendre cohérente sa vision particulière du monde et, ce faisant, enracine ses croyances et justifie ses comportements.

L’existence de neuf ennéatypes découle d’une construction simple. Reprenant une distinction assez classique dans la description du fonctionnement de l’être humain, l’ennéagramme rattache chaque ennéatype à l’un des trois moteurs principaux de la personnalité : l’action, les émotions ou la pensée. Ces moteurs sont désignés sous le nom de « centre » et constituent trois points d’ancrage : le centre émotionnel, le centre mental et le centre instinctif.

Trois centres d’intelligence et trois directions d’utilisation

Si chacun utilise ces trois centres d’intelligence, chaque type a tendance à en privilégier un, qui est son « centre préféré ». Les ennéatypes situés dans le centre instinctif (Huit, Neuf et Un) choisissent en premier l’action pour s’exprimer et exister dans le monde ; ceux du centre émotionnel (Deux, Trois et Quatre) utilisent d’abord leurs émotions pour entrer en relation et décoder leur environnement ; quant à ceux du centre mental (Cinq, Six et Sept), ils ont besoin de comprendre le monde et d’en créer des représentations mentales pour le rendre prévisible.
À l’intérieur de chaque centre, chaque ennéatype va utiliser son énergie préférée dans une direction particulière : vers son environnement extérieur, en son for intérieur, ou en alternance.
Le nombre de neuf ennéatypes s’obtient en multipliant les trois centres par les trois sens d’utilisation de l’énergie propre à chacun d’entre eux. Il n’y a là aucun savant calcul, ni représentation cabalistique !

De très nombreux éléments caractérisent un ennéatype, et ce de manière très fine. Nous nous limiterons ici aux trois les plus visibles.
Tableau Ennéagramme

UN DOMAINE D’EXCELLENCE : L’APPORT AU MONDE

Chaque profil de personnalité a des capacités particulières, une contribution spécifique au bon fonctionnement du monde, qu’il va vivre de manière unique. Cet apport au monde (ou orientation) est par exemple la droiture pour le Un, l’amour pour le Deux, l’efficacité pour le Trois, etc. C’est un domaine d’excellence qui lui est propre et qui nous a conduit à lui attribuer un « diplôme de maîtrise ».

UNE ZONE DE CONFORT : L’IMAGE DE SOI IDÉALE

Conscient de ses capacités particulières, l’ennéatype va tenter de les développer pour rester dans sa zone de confort. L’apport au monde se transforme alors en une « image de soi idéale », une « fierté », qui l’emprisonne dans un personnage qui est une personnalité de façade (son ego). Le Un se considère comme quelqu’un de droit et de travailleur et fait tout pour le rester, le Deux fait son possible pour aimer et aider ceux qui lui sont proches car il le fait bien et le Trois est fier de réussir avec efficacité ce qu’il entreprend. Chaque profil a tendance à surjouer son rôle, mais perd alors en authenticité.

UN ANGLE MORT : L’ÉVITEMENT

Pour garder intacte son image de soi idéale, chaque ennéatype va tenter d’éviter d’être confronté à la situation qui la mettrait à mal. On dit qu’il a un « évitement » particulier, une motivation profonde qui le pousse inconsciemment à adopter certains comportements, pour ne pas être confronté à ce qu’il redoute et qui l’empêcherait d’être performant. On estime généralement que l’évitement est le mécanisme fondateur de l’ego

À titre d’exemple, le Huit apporte au monde sa puissance et il a de lui l’image de quelqu’un de fort et de juste. Il est dans son élément quand il est aux commandes ; c’est le « maître du jeu ». Il va alors éviter à tout prix de reconnaître ses faiblesses et ses fragilités, qui l’empêcheraient de garder le contrôle…

Chaque ennéatype a donc une compétence spécifique (son apport au monde), mais aussi des zones d’ombre de sa personnalité, constituées par la zone de confort dans laquelle il s’enferme (son image de soi idéale) et l’angle mort de son champ de vision (ce qu’il veut éviter à tout prix).
L’ennéagramme permet de prendre conscience de ces mécanismes et d’élargir sa vision du monde et des autres

Il est courant d’attribuer à l’ennéagramme des origines millénaires et de lui trouver des racines dans les courants religieux ou spirituels. L’ennéagramme est une description très fine de la nature humaine et, celle-ci ayant étonnamment peu changé au cours de son histoire, il est possible de trouver des descriptions, des observations ou des analyses qui se recoupent avec celles de l’ennéagramme.

Georges Gurdjieff, un personnage pour le moins controversé, a fait connaître en Occident le symbole de l’ennéagramme, mais comme un schéma permettant de représenter toutes les réalités, sans s’attarder sur la description de la personnalité.

Beaucoup a été écrit à ce sujet mais la seule certitude que l’on a est que cette typologie des personnalités, telle qu’on la connaît aujourd’hui, a été développée dans les années 60-70 en Amérique par un Bolivien, Oscar Ichazo (1931-2020) et un psychiatre argentin, Claudio Naranjo (1932-2019). C’est Claudio Naranjo qui, le premier, a compris comment structurer les théories sur l’ennéagramme pour les rendre compréhensibles, en utilisant le vocabulaire de la psychologie moderne. Installé aux États-Unis, il a enseigné en Californie d’où deux de ses élèves, le jésuite Bob Ochs et Helen Palmer, l’ont diffusé à leur tour. L’ennéagramme est maintenant connu et pratiqué dans le monde entier et coachs, accompagnateurs et thérapeutes l’utilisent pour aider des personnes à mieux se connaître, s’accepter et accepter les autres.

Quand on découvre le modèle de l’ennéagramme et les caractéristiques des neuf ennéatypes, il est parfois difficile de reconnaître « son » type.
Nous avons tous en effet des particularités qui font que nous pouvons nous retrouver, plus ou moins, dans chacun des neuf profils. Nous pouvons aussi nous faire une fausse représentation de l’ennéatype décrit, parce que nous imaginons (souvent à tort) qu’une personne de notre entourage est de ce type et que nous estimons n’avoir rien en commun avec elle.

Le piège principal est de se fonder sur ce que nous voyons, c’est-à-dire le comportement des personnes. Car l’ennéagramme nous parle de motivations profondes, basées sur un évitement fondateur autour duquel se construit la personnalité. Des comportements semblables peuvent avoir des motivations différentes et c’est pour cela qu’il est toujours risqué d’étiqueter son entourage.

Pour identifier son type, certaines composantes ont une importance bien particulière : ce sont celles liées à l’évitement et à la fierté (son image de soi idéale). Ces éléments ont un poids tel sur la construction de notre personnalité qu’ils constituent généralement de bons repères pour démarrer une exploration de soi.
Celle-ci peut s’avérer hésitante (certains types doutent plus que d’autres), difficile à accepter (cette typologie pointe une faille de notre personnalité que nous ne sommes pas toujours prêt à reconnaître) et est généralement pleine de surprises. Mais elle permet sans aucun doute de prendre conscience de nos mécanismes, de les comprendre et de tirer le meilleur de son ennéatype.

Nous évoluons avec l’âge et les expériences et il est parfois difficile de nous reconnaître dans la personne que nous étions à 20 ans. Des choix professionnels ou familiaux ont pu nous éloigner de nos comportements de l’époque, des épreuves nous ont façonnés ou aigris, des rencontres nous ont permis de dépasser des faiblesses. Notre manière d’être au monde a pu changer en bien ou en mal et l’ennéagramme prend en compte ces évolutions.

Chaque ennéatype est relié par des traits à deux autres points sur le schéma ; ce sont des types avec lesquels il a une affinité particulière et vers lesquels il va tendre quand il va bien ou quand il va mal. Les deux types situés à notre droite et à notre gauche sur le cercle, que l’ennéagramme désigne comme nos « ailes », ont aussi une influence sur nous. Selon notre état de bien-être ou de stress, les caractéristiques positives comme négatives de ces ennéatypes s’ajoutent en effet à celles du nôtre. Pour autant, nous ne devenons pas un autre ennéatype. L’évitement en particulier a un poids tel sur la construction de notre personnalité qu’un seul est déjà bien assez lourd à porter. Inutile de chercher à en cumuler plusieurs !

Cette description dynamique est l’une des singularités de l’ennéagramme et rend cet outil particulièrement performant. Nous sommes en relation avec quatre autre ennéatypes en plus du nôtre, mais nous gardons le même ennéatype toute notre vie.
À chacun de travailler pour que ce soit pour le meilleur et non pour le pire !

La force de l’ennéagramme est de nous permettre de comprendre les stratégies que nous avons mises en œuvre au fil du temps, afin de pouvoir nous en libérer et nous rapprocher ainsi de notre personnalité authentique (ou essence). Ce travail ne se fait pas du jour au lendemain, mais la découverte de notre ennéatype peut nous faire avancer bien plus que d’autres pratiques.

Quand nous identifions notre évitement et notre fierté, nous prenons conscience de l’ornière dans laquelle nous nous enfonçons naturellement. L’ennéagramme ne nous enferme pas dans une boîte, bien au contraire ; il nous permet au quotidien de repérer les limites que nous nous fixons, les comportements toxiques pour nous et pour les autres que nous développons, et il nous donne les clés pour nous en délivrer, raviver notre potentiel et être ainsi pleinement nous-mêmes.

LES NEUF TYPES DE PERSONNALITÉS ET LEUR DIPLÔME DE MAÎTRISE

ENNÉATYPE UN : LE MAÎTRE DE LA RIGUEUR

Droit et travailleur, le Un se caractérise par une grande rigueur personnelle et par des idéaux élevés. Sa situation dans le centre instinctif fait qu’il ne se contente pas d’avoir des idéaux, il se doit de les mettre en œuvre afin d’améliorer le monde. Utilisant son énergie instinctive sur lui-même, il cherche en permanence à se contrôler pour être conforme à ses propres attentes. Il se sent aussi responsable de pointer les erreurs commises et de rappeler à son entourage la route à suivre, imaginant ainsi lui rendre service.

ENNÉATYPE DEUX : LE MAÎTRE DU DÉVOUEMENT

Généreux et tourné vers les autres, très sensible à leurs attentes, le Deux se dépense et se dévoue pour rendre service au-delà même de ce que son entourage espère. Situé dans le centre émotionnel et diffusant son énergie vers l’extérieur, il perçoit les besoins et les manques de ceux qui lui sont proches et se sent responsable de les combler. Son dévouement peut le conduire à trop s’immiscer dans l’existence des personnes qu’il aide, ne pensant pas mal faire puisqu’il le fait pour leur bien.

ENNÉATYPE TROIS : LE MAÎTRE DE L’EFFICACITÉ

Énergique et stimulant, sachant tirer le meilleur parti des occasions et des personnes, le Trois aime l’efficacité au point de lui sacrifier les considérations personnelles. Quand il utilise son énergie émotionnelle en équilibre intérieur/extérieur, il a un véritable don d’encouragement car il discerne les capacités des personnes de son entourage et sait leur donner l’élan dont elles ont besoin. Dans le cas contraire, coupé de ses émotions et de celles des autres, il se laisse obnubiler par la recherche du résultat et ne s’attarde guère sur ses désirs réels ou sur les projets des autres, s’ils ne servent pas son objectif.

ENNÉATYPE QUATRE : LE MAÎTRE DE L’ABSOLU

Capable de discerner la beauté insoupçonnée qui échappe aux autres et rebuté par ce qui contribue à la laideur du monde, le Quatre refuse de se laisser enfermer dans une version étriquée de la vie. L’absolu l’attire, tout inatteignable qu’il soit, et il voudrait pouvoir communiquer aux autres sa passion, mais ses efforts se heurtent souvent à de l’incompréhension de la part de ses interlocuteurs. L’utilisation de son énergie émotionnelle vers lui-même le conduit à des interrogations sans fin sur son identité, auxquelles il essaie de répondre en se réfugiant dans la différence et l’originalité. Il souffre de se sentir marginalisé tout en faisant le nécessaire pour rester à la marge.

ENNÉATYPE CINQ : LE MAÎTRE DES SAVOIRS

Observateur et réservé, cherchant à préserver son intimité tout en engrangeant des informations, le Cinq accumule les savoirs par crainte d’un vide intérieur qui laisserait la place à des émotions qu’il ne saurait pas gérer. Son énergie mentale est dirigée vers le monde extérieur qui est un terrain d’exploration sans fin. Quand il accepte de sortir de son rôle de spectateur, il peut apporter une contribution décisive par sa capacité à voir les problèmes sous un angle original. Il a quelques sujets de prédilection, sur lesquels il accumule un maximum de connaissances, et ne s’intéresse guère aux mondanités et aux conversations futiles, qui ne contribuent pas à augmenter son capital de connaissances.

ENNÉATYPE SIX : LE MAÎTRE DE LA PRÉVOYANCE

Loyal et respectueux, anticipant les problèmes afin de préserver l’unité et la survie de son groupe, le Six fournit à son entourage un point d’ancrage solide. Quand son énergie mentale est en équilibre intérieur/extérieur, il est capable de traiter les informations qu’elle lui fournit en les contrastant avec les prévisions qu’il a pu faire et les déductions qu’il en a tirées. Il aura également anticipé des solutions alternatives grâce aux différents scénarios imaginés. En revanche, s’il ne pense pas avoir les éléments nécessaires à une prise de décision éclairée, il perd littéralement le nord, doute aussi bien de lui-même que de son entourage et se laisse submerger par l’anxiété.

ENNÉATYPE SEPT : LE MAÎTRE DES IDÉES

Touche-à-tout et passionné de nouvelles découvertes, générant des idées comme des bulles de savon, le Sept aime jouer avec les possibilités en restant dans le monde théorique où tout se passe bien. Bénéficiaire personnel de son énergie mentale, il l’emploie à créer un monde plaisant où les limites du possible peuvent toujours être repoussées et dont la souffrance est bannie. Sa compagnie agréable et son optimisme contagieux en font un partenaire stimulant, tant que sa liberté n’est pas entravée et qu’il n’a pas de comptes à rendre. S’il entrevoit des difficultés ou si le projet a perdu, pour lui, l’attrait de la nouveauté, il peut alors s’en désintéresser totalement.

ENNÉATYPE HUIT : LE MAÎTRE DU JEU

Fort et déterminé, campant sur ses positions et les imposant sans état d’âme, le Huit a besoin d’être aux commandes et de contrôler la situation pour assurer la sécurité de celles et ceux qui comptent pour lui. Diffusant avec vigueur son énergie instinctive sur son environnement, rien ne lui échappe lorsqu’il s’agit d’éviter que de mauvaises décisions soient prises. Il s’emporte avec fracas s’il pense avoir été trahi ou si on lui cache des informations. Très énergique et travailleur, son entourage a du mal à suivre son rythme mais bénéficie, en contrepartie, de sa protection rapprochée. Refusant les injustices, il ne craint pas d’affronter plus puissant que lui pour faire établir son bon droit ou pour assister ses protégés.

ENNÉATYPE NEUF : LE MAÎTRE DE L’HARMONIE

Adaptable et souple, le plus souvent souriant et cherchant à arrondir les angles, le Neuf aime l’harmonie et s’emploie à la faire régner autour de lui. Il est capable d’exercer une force tranquille sur son entourage et sur lui-même quand il parvient à bien équilibrer son énergie instinctive sur ces deux plans. Mais il peut être paralysé dans son action et ne plus être en mesure de prendre une décision ou de défendre son point de vue quand il est face à une situation conflictuelle. Amateur de plaisirs simples, il est attiré par la nature et rassuré par une certaine routine qui contribue à l’harmonie de son quotidien. Il choisira l’inertie plutôt que la confrontation, espérant ainsi éviter d’avoir à se positionner clairement.

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